Octobre 2016, je suis revenue de mon long périple en vélo de deux ans. Le retour ne s’est pas vraiment passé comme je l’avais tant imaginé des milliers de fois dans ma tête. Mais alors pas du tout ! Je vous raconte tout cela aujourd’hui après avoir pris un peu de recul.

J’ai volé de Melbourne, mon point d’arrivée jusqu’à Istanbul. Un ami Iranien devait me rejoindre et nous étions censés pédaler jusqu’à chez moi ensemble, mais ça c’est ce que je pensais. À ce moment là, mon ami Iranien a vu son visa refusé pour la 2ème fois en Europe, faute de ne pas avoir assez d’argent sur son compte, après avoir donné des milliers de paperasses, avoir eu deux interviews et avoir même donné la photocopie de mon passeport… Je peux le dire, je suis née dans le bon pays, j’ai de la chance. J’ai le choix, beaucoup de choix.
Arrivée à Istanbul, j’ai fais la queue pour avoir mon tampon et re-rentrer dans le pays par lequel j’étais passée l’année d’avant. Sauf que, quelques jours avant que je continue mon voyage en Iran l’année d’avant, je me suis fait pirater ma carte bancaire depuis la France, et j’attendais donc d’en recevoir une nouvelle. Pas de chance, avec les tensions en Turquie à ce moment là, je n’ai jamais reçu mon colis de France avec ma nouvelle carte. Je suis donc partie en Iran après être restée 10 jours de trop en Turquie. À la frontière, vu que personne ne parlait anglais, j’avais cru comprendre que je devais payer une amende et que je pourrais ré-rentrer librement… J’espérais pouvoir retourner en Turquie après m’être acquittée de cette amende (que je n’avais pas pas pu payer faute de carte bancaire). Second problème, dans la suite de mon voyage, on m’a volé mon passeport suisse au Laos. J’étais donc revenue en Turquie avec mon autre passeport, le français cette fois ci, sachant que j’étais fichée avec mon passeport suisse. Devant le douanier turc, je pense que n’importe qui aurait pu voir ma détresse et la peur dans mon regard ! Le douanier en question a appelé la police après m’avoir scruté de haut en bas, j’ai compris tout de suite que j’étais vraiment dans la m****… Personne ne parlait anglais, personne ne cherchait à me comprendre, je me suis retrouvée sur le banc des refusés, avec chaque personne qui tentait tant bien que mal à entrer dans le pays, je vous dit pas l’ambiance ! Avec mon visa Iranien dans mon passeport et ma photo avec mon écharpe, ce n’étais pas un plus. Après 30 minutes à m’examiner bizarrement, ils m’ont posé des questions dans un anglais très vaste, me demandant ce que je faisais dans ma vie, ce que venais faire là, et si j’avais encore des sous sur mon compte en banque. Voyager, seule en vélo et sans travailler c’est pas la réponse qu’ils attendaient… après cela j’ai eu un beau papier d’interdiction de territoire pendant 5 ans en Turquie ! Et les douaniers voulaient donc me renvoyer en Australie. Aller en Grèce ? Hors de question.. Après une longue négociation (J’ai un peu pleuré, je l’avoue, c’est une arme fatale parfois) j’ai accepté de prendre un avion pour Paris, plus tard dans la soirée. J’ai du attendre devant la douane pendant 6 heures, avec une visite d’un douanier toute les heures pour me demander mon passeport. J’ai même eu le privilège d’être escortée par un policier turc jusqu’à l’embarquement. Des souvenirs je vous dit ! Bref, imaginez moi, de retour à Paris le soir même à minuit avec mon vélo complètement défoncé dans son carton, sans savoir ou dormir. J’ai pleuré, entre le soulagement, la peur, la fin de ce périple et l’accomplissement d’un long, beau et tortueux voyage pleins d’anecdotes, de rencontres et d’imprévus… Heureusement j’ai trouvé personnes pour m’aider et des amis à Paris pour mon retour. Très imprévu comme retour !
Pendant 4 mois, j’ai profité de ma famille, de mes amis et de prendre soin de moi. La plus grande question après un tel périple, et après ? Je me suis posé beaucoup de questions sur mon mode de vie, sur mon avenir, mes envies. Après de nombreux questionnements, j’ai décidé de repartir sur la route avec un ami parisien, et de découvrir l’Europe en auto-stop et à vélo !
Aujourd’hui je suis à la recherche d’écovillages et de communautés, pour experimenter et partager des façons de vivre plus simples, en auto-suffisance, en accord avec mes principes. Je veux savoir ce que je consomme, créer ma propre nourriture et ma propre énergie, apprendre à construire écologiquement, et être simplement heureuse. Je travaille sur moi pour devenir libre. Je continue donc mon voyage autour de la terre, à faire de belles rencontres et à mieux me connaître.
Je vous écrit en ce moment de Luleå en Suède, où je suis arrivée ici en auto stop, train stop et avion stop ! Avec mon ami Clément nous avons trouvé deux vélos pour pédaler du nord de la Finlande au sud jusqu’à Helsinski sur la route Eurovelo 10.
Je partage ici avec vous quelques photos de mon nouveau périple en Europe commencé fin janvier 2017.
Vous pouvez suivre notre périple ici : Autop et sans un sou

http://www.travelandleisure.com/trip-ideas/budget-travel/travel-around-world-free

http://www.itromso.no/pluss/2017/03/24/Julie-og-Cl%C3%A9ment-haiker-p%C3%A5-kryss-og-tvers-i-Nord-Europa-uten-%C3%A9n-krone-i-lommen-14497125.ece