Ma famille, le matin du départ
Ma famille, le matin du départ

 

Début fatiguant.

Plus d’une année que j’attends ce moment, que j’en rêve, et que toutes les nuits je m’imagine cet instant où je dis au revoir sans vraiment savoir ce qui m’attend et où je vais vraiment. Mais la réalité est différente. Le vélo est un mode de voyage bien différent de l’auto-stop, voir à l’opposé. Je trouve une solitude dont je ne pensais pas ou que je ne voulais simplement pas imaginer, même si elle était évidente.

Il est 7h et je suis sur la route, ça y est, je suis seule et le voyage commence enfin! Je pars en vélo sans jamais avoir testé ce mode de voyage et sans jamais m’être entraînée. Et je pars pour l’Asie, oui, je suis folle je crois. Contrairement à la joie que je pensais que j’allais éprouver lors de mes premières minutes de départ, je suis plutôt triste de dire au revoir à mes proches. Pour ce départ là, je n’ai plus de date de retour comme auparavant, et je pars seule avec mon projet en tête. J’ai envie de pleurer, tout simplement, de tristesse pour ce simple au revoir mais aussi de bonheur pour ce moment tant attendu.

Et puis je ne vais pas vous mentir, pour ma première montée je me suis posé la question « Qu’est ce que je fais sur ce vélo ?? »

Ma première journée se fit sous la pluie, et je me retrouvais trempée de la tête au pied comme si mon humeur étais associé à ce mauvais temps. Mais heureusement, je trouvai rapidement un abri  et un peu de chaleur en tapant aux portes des maisons à Carqueiranne. Les jours suivants, je fis quelques rencontres qui me remontèrent le moral.

J’ai passé une nuit chez les pompiers de Fréjus qui m’ont accueilli à bras ouverts (Je les remercie encore.) et pour mon réveillon du 31 décembre je me retrouvais à la police Nationale de Menton, à moitié endormie à écouter tous ces Italiens crier au poste pour je ne sais quelles raisons. Je ne m’attendais pas à passer mon premier réveillon de ce voyage, seule à essayer de dormir par terre, au milieu du désastre de ce 31 décembre. Je m’en souviendrai.

Sans rencontres, sans échange, le voyage n’a pas vraiment de sens à mon point de vue. Chaque rencontre, quelle soit brève ou non me remonte tout de suite le moral. Mais la solitude à quand même un côté positif, cela permet de se concentrer sur soi-même et d’être attentif à plus de choses, que ce soit d’un paysage ou de brèves rencontres.

Finalement le plus difficile n’est pas la douleur physique, ni la météo, mais la solitude. Je pense que commencer ce voyage seule permet de me ressourcer et que cela apporte beaucoup plus de positif que ce que je pensais.

J’ai hâte de m’enrichir de toutes ces prochaines rencontres sur ma route et d’en devenir que plus forte avec le temps.

Anecdote Deuxième nuit : un soir je vais mettre mon campement sur la plage, très stressée j’ai de la peine à me rassurer. Je commence enfin à m’endormir lorsque j’entends des gens. Je me réveilles en sursaut, je sors de ma tente et un vieux couple ( Ivre ? ) me dit qu’il vient juste faire une petite prière à côté de ma tente. (Pourquoi, me direz-vous ?) Moins rassurée, je décide de tout remballer et repars chercher un nouveau campement à 23h. En plein centre ville à Cavalaire, une camionnette de flic me demande ce que je fais là, à une heure pareille. Naturellement, je leur dis que je vais en Grèce en vélo. ( Qui vas me croire ? ) Super sympa, ils partent chercher une solution et m’amènent finalement en bas d’un immeuble dans une cave. Je pensais être plus rassurer jusqu’à ce que je voie une dizaine de crapauds morts à côté de moi. Finalement, je pense que cela aurait été plus rassurant sur une plage !